Une belle critique chez Actu SF !

1ere couv LRM1- web

Merci à nos amis d’Actu SF pour leur belle revue de notre toute première publication :

http://www.actusf.com/spip/Les-Cheveux-noirs.html

Un mot de l’auteur et de l’éditeur

Hic sunt Dracones est une maison d’édition toute neuve et qui se lance avec ce premier cycle Le Roi Merveilleux dont le premier tome s’intitule Les Cheveux noirs. On ne peut qu’espérer que ce titre soit de bon augure et leur permette de naviguer en des eaux prospères.
Nicolas Rignault est un jeune auteur français, très discret qui a fait des études d’histoire de l’art et s’est lancé récemment dans l’écriture.

La geste arthurienne…

Arthur gouverne sa cour du royaume de Logres et profite d’une paix âprement gagnée. Les ennemis d’hier sont devenus des alliés et les preux chevaliers de la Table Ronde continuent à mettre leurs vertus et leur dévouement au service de la couronne. Le monde va bien et Arthur coule des jours paisibles.
Sauf que…
Sauf que la Reine Guenièvre est une nymphomane aux pulsions incontrôlables, qu’un jeune paysan nommé Perceval vient proposer à Arthur une quête étrange alors que ce dernier est plus préoccupé par les histoires de cœur de son entourage.
Et soudain tout se dérègle. L’univers d’Arthur s’effondre et laisse place à un cauchemar dramatique.

… sauce victorienne

Voilà un roman qui se dévore. Il démarre pourtant classiquement. Les descriptions s’enchaînent pour mettre en place le décor, les personnages s’expriment par de longs monologues qui relatent l’histoire et permettent de cerner les différents protagonistes. Et puis le décalage s’insinue par petites touches, à travers la description des situations, le vocabulaire employé. Ce n’est pas une geste médiévale mais une geste victorienne qui se déroule sous nos yeux. Les chevaliers ont toujours leur vertu comme bouclier et leur grandeur d’âme comme seul étendard mais les valeurs qu’ils portent ont subi l’influence du romantisme.

Un point notable de cette version de la geste arthurienne est sans doute que les véritables acteurs de l’histoire sont des actrices. Morgane, Viviane, Elaine et Guenièvre sont les protagonistes, celles par qui le scandale, l’aventure, le danger surviennent. Arthur et les autres hommes sont au mieux des faire-valoir, au pire des pantins abusés.

Il n’est pas aisé de façonner la matière de Bretagne. La geste arthurienne a déjà bénéficié de nombreux troubadours qui chantent des versions différentes depuis Chrétien de Troyes. Il est d’autant plus dur de s’y attaquer lorsque de récentes références de grande qualité sont encore dans les mémoires (Sacré Graal et Kaamelott pour ne citer qu’elles).
Et bien non seulement Nicolas Rignault relève le défi mais il mène son œuvre avec fraîcheur, talent et une évidente connaissance de l’univers arthurien.
On se laisse prendre par un début apparemment classique et puis soudain tout s’accélère et ce qui ressemblait à une sage relecture du mythe transposé devient une œuvre originale qui porte ses propres thèmes et sa mécanique interne à la fois préservée et renouvelée.
Ajoutons que le livre s’arrête d’une façon si abrupte qu’on ne peut rester que sur sa faim et qu’on attend avec impatience le deuxième tome.

Bref, ce Roi merveilleux est une réussite.

Guillaume Casabianca