La carte et les territoires littéraires :
Qu'est-ce que Hic sunt Dracones ?

Hic sunt dracones » signifie, en latin, « Ici sont des dragons ». Cette formule est, en fait, dérivée d’une formule plus commune, « Hic sunt leones » (« Ici sont des lions »), que l’on rencontre régulièrement en cartographie médiévale pour désigner des territoires encore inconnus ou dangereux. Figurer bêtes sauvages, monstres aquatiques et autres créatures mythologiques à l’endroit de zones géographiques vierges ou peu explorées était une pratique courante. Le fameux globe de Lenox est le seul qui nous soit parvenu et qui comporte la formule « Hic sunt dracones ».
« Hic sunt Dracones », c’est le nom que nous avons choisi, il y a maintenant plus de dix ans, pour ce qui était déjà à l’époque le projet d’une nouvelle marque éditoriale destinée à publier les ouvrages qui ne cadraient pas avec le catalogue des éditions du Hêtre Myriadis. Nous voulions en effet élargir nos horizons, publier des œuvres de littérature, d’histoire, d’anthropologie, de philosophie, d’écologie politique…
Les premiers titres parus sous cette marque éditoriale ont été ceux de la trilogie du Roi merveilleux de Nicolas Rignault, cycle romanesque réinventant la matière de Bretagne.
L’aventure a été mise en pause quelques années et nous revenons à la charge aujourd’hui car nous avons de plus en plus envie de publier des textes débordant les thématiques traditionnelles de l’écoparentalité et de l’écologie des relations.
Parmi ces textes difficilement cartographiables, il y avait notamment Quelques instants d’éternelle errance de Thierry Pardo. Mais les deux textes du même auteur Au nom du pire – L’école, nouvelle religion d’État et De la piraterie en éducation – Pour une mutinerie enseignante étaient déjà des « frontaliers », naviguant, « vagabondant sur l’extrême bord du connaissable », comme le dit si magnifiquement Arthur Conan Doyle.
Où, dès lors, classer son Seul pour apprendre – Mille ans de robinsonnades à paraître bientôt ?
Et qu’en est-il alors des passionnantes références en histoire décoloniale que sont L’Occident a-t-il inventé la science ? ou Euclide et Jésus du mathématicien C. K. Raju, également à paraître sous peu ?
Il nous fallait bien reprendre le projet.